Les zones érogènes sont souvent sujettes à débat, et d’un article à l’autre, on trouve des éléments totalement contradictoires. Pourtant, la science moderne, via les neurosciences et la psychologie comportementale a réussi à dessiner une véritable cartographie de la sensibilité humaine. Loin d’être aléatoires, nos zones érogènes répondent à une organisation neurologique précise.
Quelles sont les zones les plus réactives chez la femme et l’homme ? Pourquoi la nuque est-elle plus sensible chez la femme que chez l’homme ? Décryptage des zones érogènes
avec études à l’appui.
Qu’est-ce qu’une zone érogène ?
Une zone érogène est une partie du corps qui, lorsqu’elle est stimulée (touchée, caressée, embrassée,…) provoque une sensation de plaisir sexuel ou d’excitation. Ce sont les zones de choix lors des préliminaires qui permettent de faire monter le désir et la tension sexuelle pour obtenir un maximum de plaisir.
Derrière ce terme se cache un mécanisme biologique et neurologique fascinant qui peut se décomposer en 3 points clés :
- Pour comprendre une zone érogène, il faut regarder sous la peau. Notre derme contient des mécanorécepteurs et des terminaisons nerveuses qui lors d’une pression physique envoient systématiquement un signal électrique au cerveau.
- Dans le cerveau, il existe une carte du corps appelée le cortex somatosensoriel. Chaque partie du corps y possède une zone dédiée qui est en lien avec le cerveau (homonculus). Les zones érogènes sont celles qui occupent la part la plus importante dans ce cortex. Quand on simule une zone érogène, le cerveau libère un cocktail de neurotransmetteurs, notamment la dopamine et l’ocytocine que l’on retrouve en masse après un orgasme, d’où cette sensation de bonheur et de bonne fatigue.
- Il existe des zones primaires, qui sont les régions avec la plus forte densité de nerfs (organes génitaux, lèvres) pour lesquelles la stimulation est systématiquement liée au plaisir. Ainsi que des zones secondaires, qui n’ont au départ pas de fonction sexuelle (nuque, dos, pieds) mais que le cerveau, en fonction des individus, apprend à corréler leur toucher à l’intimité.
Une zone érogène est donc une porte d’entrée sensorielle. Une zone plus sensible car directement reliée par le cortex cérébral où elle y a une place de choix.
Comment naît l’excitation d’une zone érogène ?
Des scientifiques ont découvert des fibres nerveuses, appelées afférents C-tactiles qui ne s’activent qu’en cas de toucher doux et lent (une cadence d’environ 3 à 5cm par seconde). Ce sont elles qui déclenchent la sensation de frisson et de bien-être dans le corps.
Ce toucher doux provoque un état d’excitation, d’où le fait que certaines personnes cherchent à réellement prendre leur temps lors des préliminaires en s’attardant bien sur différentes zones. Des pressions trop brutales, trop rapides, n’envoient pas le même signal au cerveau et risquent de ne pas produire le même effet de passion. Quoi que pour la communauté BDSM par exemple, cela est aussi un bon moyen de s’exciter.
Quelles sont les zones érogènes chez la femme ?
L’étude de référence dans le domaine est celle menée par des chercheurs de l’Université de Bangor et de Witwatesrand, publiée dans la revue Cortex. 800 personnes, issues de plusieurs pays ont été interrogées pour classer 41 parties du corps humain leur intensité érogène, sur une échelle de 1 à 10. 1 étant l’intensité minimale et 10 représentant le maximum.
L’étude montre une corrélation de 0,9 entre les hommes et les femmes, suggérant qu’à part les organes génitaux, la cartographie des zones érogènes est très proche.
| Zone érogène | Score Hommes (moyenne /10) | Score Femmes (moyenne /10) |
| Organes génitaux | 9.0 | 9.1 |
| Lèvres | 7.0 | 7.9 |
| Oreilles (lobes) | 5.0 | 5.0 |
| Intérieur des cuisses | 5.8 | 6.1 |
| Nuque / Cou | 5.6 | 7.5 |
| Seins / Tétons | 4.8 | 7.3 |
Le clitoris, la zone la plus érogène chez la femme
L’étude de référence dans le domaine poussée par le neuroscientifique Oliver Turnbull souligne que la sensibilité féminine est souvent plus diffuse et intense sur des zones non-génitales. Il n’en reste pas moins que la zone la plus citée par les femmes est le clitoris.
Le clitoris possède plus de 8 000 terminaisons nerveuses. Il est le seul organe du corps humain dont la fonction est exclusivement dédiée au plaisir. Et pourtant, certains hommes ont encore du mal à y croire et à le stimuler pensant encore que le vagin est le centre de tout…
La nuque et le cou, le point de variation avec les hommes
Parmi les plus grandes distinctions avec les hommes reportées par les tests de sensibilité, le cou et la nuque représentent le point de désaccord majeur. Les femmes attribuent un score de 7,5/10 à cette zone alors que chez les hommes, elle n’atteint que 5,6.
Cette différence notable s’explique par le fait que la peau de la nuque et du cou est plus fine chez les femmes. Ainsi, l’accès aux terminaisons nerveuses est plus facile, notamment via les disques de Merkel et les corpuscules de Meissner (sensibles à la pression légère et aux effleurements).
Résultat, même un stimulus très faible comme un souffle dans le cou ou une petite caresse dans les cheveux est immédiatement capté par le système nerveux et synonyme de bien-être voire d’excitation sexuelle.
Les lèvres, osez le french kiss !
Dans le top 3 des zones féminines les plus érogènes, on retrouve les lèvres. Messieurs, si les femmes veulent être embrassées, ce n’est pas seulement parce qu’elles peuvent être très fleur bleue et romantiques, mais aussi, et surtout, parce que c’est mécanique !
Comme le dit la célèbre chanson de Bill Baxter : “Embrasse moi idiot, c’est vraiment beaucoup, beaucoup mieux que les mots ! Embrasse moi idiot, et j’oublierai tous tes défauts !”. Vous savez ce qu’il vous reste à faire…
La stimulation mammaire en complément du top 3
Une autre étude publiée dans The Journal of sexual Medicine a démontré que la stimulation des tétons active également le cortex cérébral et excite. Les sensations sont différentes d’une femme à une autre.
Toutes les poitrines sont différentes : bonnet, taille, mamelons,… Les sens, par exemple, varient d’une personne à une autre. Certains voient mieux, d’autres entendent mieux. Il en va de même pour la stimulation mammaire qui n’offre pas la même intensité.
Si vous n’arrivez pas à provoquer un gros effet d’excitation, ou si vous ne le ressentez pas vous-même lorsqu’on vous stimule les tétons, ne vous offusquez pas, vous vous rattraperez ailleurs 😉
Il est intéressant de noter que les zones érogènes peuvent être déplacées. En cas de lésion de la moelle épinière, le cerveau peut réallouer la sensibilité génitale à des zones très proches (souvent le dos ou les épaules).
Quelles sont les zones érogènes chez l’homme ?
Le gland et le frein
C’est les hommes, c’est le pénis, et plus particulièrement, le gland et le frein qui sont assez largement en tête de liste. Vous l’avez sans doute déjà remarqué, c’est cette petite zone à l’arrière du gland où se situe le frein qui est la plus sensible. Le mouvement de va et vient à cet emplacement lors de masturbation ou de pénétration fait toute la différence au niveau du plaisir.
Si vous n’avez pas encore testé, messieurs, demandez à votre partenaire un rapport oral, et avec leur langue, qu’ils viennent vous titiller à cet endroit, l’effet va être immédiat.
Certains ont moins de chances que d’autres, puisque dictées par une culture ou des croyances, ils se retrouvent circoncis. Le prépuce est alors supprimé. Malheureusement, il n’est pas qu’un simple morceau de peau protecteur mais aussi un tissu hautement important en termes de récepteurs tactiles qui fait le lien avec le cerveau…
Le périnée et le point P
Cette zone ne parlera sans doute pas à tous, et pourtant, elle est extrêmement importante. Elle se situe entre l’anus et les testicules (à l’intérieur de vous). Sa stimulation intervient sur la prostate et est couramment appelé le point G masculin.
Elle permet une excitation intense qui peut vous permettre de décupler le ressenti de votre orgasme. Messieurs, pensez-y, le sextoy n’est pas purement une affaire féminine…
L’intérieur des cuisses
L’intérieur des cuisses vient compléter le top 3 des zones les plus érogènes chez les hommes. Leur rapprochement avec les parties génitales n’y est pas pour rien… C’est une zone sensible qui fait monter l’excitation de manière mécanique mais aussi psychique.
Les hommes imaginent déjà l’étape d’après qui va être leur gland… Faites attention à ne pas jouer les allumeur(se)s et à ne pas les laisser sur leur faim.
Sont ensuite citées d’autres zones comme les tétons, le bas du dos ou encore le lobe des oreilles mais les hommes s’y accordent moins et le ressenti varie beaucoup d’une personne à une autre.
Et les pieds dans tout ça ?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les pieds ne représentent pas une zone érogène très développée. Ils sont cités par moins de 2 personnes sur 10.
Il existe effectivement un fétichisme des pieds et une excitation liée à cette partie du corps mais elle se ressent plus dans la volonté de celui qui veut les titiller, car ils représentent un fantasme, que pour celui qui reçoit les caresses. Qui sont souvent synonymes de chatouilles et qui peuvent faire baisser la tension sexuelle, ce qui n’est pas le but recherché ici 😉






